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Sujet: La parfaite lumière où l'incarnation de l'ombre. Lun 15 Mar - 17:17
La parfaite lumière où l'incarnation de l'ombre.
Chapitre I: Prémice
La fonte des neiges arriva et la maison et le jardin recommencèrent leur chant d'eau vive. Cela faisait six mois que je vivais à Konoha. J'avais appris à lire, à Écrire et à dessiner. Je m'étais aussi initié aux mille façons de tuer, même si je n'étais encore jamais passé à la pratique. Je me sentais désormais capable de percer à jour les intentions que les hommes cachent au fond de leur cœur, et j'avais acquis d'autres talents utiles que je devais d'ailleurs moins aux leçons de Kenji (PNJ dont le background est à venir) qu'à l'épanouissement de ma nature profonde. Je savais comment me trouver en deux endroits différents et me rendre invisible, et je pouvais réduire les chiens au silence par un simple regard qui les plongeait instantanément dans le sommeil. J'avais découvert tout seul cette dernière astuce et m'étais abstenu d'en faire part à Kenji, car il m'avait enseigné entre autres la dissimulation. Je recourais à ces talents lorsque j'étouffais entre les murs de la maison, dans cette vie d'une routine implacable, passée à étudier, à m'entraîner et à obéir à mes deux maîtres sévères. Je ne trouvais que trop aisé de détourner l'attention des gardes, d'endormir les chiens et de m'échapper sans que personne me voie. Même Ichiro et Kenji furent plus d'une fois convaincus que j’étais assis tranquillement dans un coin de la maison avec mon encre et mon pinceau, alors que j'étais dehors avec quelques servantes, à explorer les ruelles louches du port, à nager dans le fleuve, à écouter les matelots et les pêcheurs. Nous respirions les effluves entêtants de l'air salé et des cordes et des filets de chanvre, et nous humions l'odeur des fruits de mer sous toutes leurs formes possibles, crus, fumés ou grillés, en petites boulettes ou en ragoûts copieux qui nous mettaient l'eau à la bouche. Je saisissais au vol les divers accents de l'Ouest, des îles et même du continent. Et j'écoutais converser des gens qui se croyaient à l'abri des oreilles indiscrètes, apprenant ainsi à mieux connaître la vie de mes semblables, leurs craintes et leurs désirs.
Il m'arrivait de vagabonder en solitaire, en traversant le fleuve à la nage ou en empruntant le barrage à poissons installé entre ses berges. J'explorais les contrées de l'autre rive, m'enfonçais dans les montagnes où les fermiers cultivaient leurs champs secrets, cachés au milieu des arbres, invisibles et donc échappant à l'impôt. Je voyais les nouvelles feuilles vertes bourgeonner dans les halliers, et j'entendais les bois de châtaigniers s'animer du bourdonnement d'insectes en quête du pollen que recelaient leurs chatons dorés. Les fermiers eux aussi bourdonnaient comme une nuée d'insectes. Ils se plaignaient sans fin des seigneurs du pays du feux et du fardeau des taxes qui ne cessait de s'alourdir. Le nom de sire Shigeru revenait régulièrement dans leurs discours, et j'appris que le peuple dans sa majorité regrettait amèrement que le château ne fut pas occupé par le seigneur mais par ses oncles. Je surprenais des opinions qui étaient des crimes de haute trahison et ne s'exprimaient qu'à l'abri de la nuit ou de la forêt profonde. Nul ne pouvait les entendre en dehors de moi, et je n'en parlais à personne. Le printemps se déployait sur le paysage. L'air était chaud, la terre tout entière débordait de vie. Je me sentais en proie à une inquiétude que je ne comprenais pas moi-même. Je cherchais quelque chose, liais j'ignorais quoi. Kenji m'emmena dans le quartier des plaisirs et je couchai avec des filles, sans lui dire que j'avais déjà visité ces lieux . Je ne voyais dans ces étreintes qu'un bref exutoire à ma nostalgie. Ces filles éveillaient en moi autant de pitié que de désir, tant elles ressemblaient aux petites Bourgeoises de Kaze avec qui j'avais grandi. Elles étaient vraisemblablement issues du même genre de Familles, et leurs parents les avaient vendues pour ne pas mourir de faim. Certaines étaient à peine sorties de l'enfance, et je scrutais leurs visages, à la recherche des traits de mes sœurs. Je me sentais souillé, envahi par la honte, mais je ne renonçais pas à ces visites. Les fêtes du printemps commencèrent, avec leurs foules envahissant les sanctuaires et les rues. Les joueurs de tambour remplissaient les nuits de leur musique assourdissante. Leurs bras et leurs visages Baisaient de sueur à la lueur des lanternes, et ils étaient possédés d une telle frénésie qu'ils ne sentaient plus la fatigue. Je ne pus résister à la fièvre de ces célébrations, à l'extase déchaînée de la multitude. Une nuit, j'étais sorti pour suivre avec Kenji la statue du dieu promenée dans les rues par un cortège surexcité, dans un désordre indicible.
Je venais de prendre congé de mon ami quand la cohue me poussa contre un homme, que je manquai de piétiner. Il se tourna vers moi et je le reconnus : c'était le voyageur qui avait séjourné chez nous et essayé de nous mettre en garde contre les persécutions d'Iida. Petit et trapu, doté d'un visage aussi laid que perspicace, c'était une sorte de colporteur qui se rendait de temps en temps à Kaze. Avant que j'aie pu me détourner, je vis qu'il m'avait reconnu et que son regard exprimait non seulement la surprise mais la compassion. Il hurla pour couvrir le vacarme de la foule : — Neko ! Je secouai la tête en faisant semblant de ne pas comprendre, mais il ne lâcha pas prise. Il essaya de m'extraire de la marée humaine en m'attirant dans une ruelle. — Neko, c'est vous, n'est-ce pas ? Le garçon de kaze? — Vous faites erreur, affirmai-je. Je ne connais personne de ce nom. — Tout le monde vous croit mort ! — Je ne comprends pas un mot à ce que vous racontez. Je ris comme s'il s'agissait d'une bonne plaisante rie, et tentai de m'enfoncer de nouveau dans la foule, il m'attrapa par le bras pour me retenir et avant même qu'il eût ouvert la bouche, je sus ce qu'il allait dire. — Votre mère est morte. Ils l'ont tuée. Ils ont tué tout le monde. Vous êtes le seul survivant ! Comment avez-vous fait pour vous échapper ? Il tenta d'approcher mon visage du sien et je sentis son haleine empestée, sa sueur. — Vous êtes complètement ivre, mon vieux ! m'écriai-je. Aux dernières nouvelles, ma mère se trouve à Hofu et se porte comme un charme. Je le repoussai et me saisis de mon couteau. — J'appartiens au clan des Akata, dis-je d'une voix où la colère remplaçait le rire. Il recula. — Pardonnez-moi, seigneur. Je me suis trompé. Je vois bien maintenant que je vous ai pris pour un autre.
Il était légèrement éméché, mais la peur effaça le dégrisement comme par enchantement. Je me sentis assailli par plusieurs pensées à la fois, la plus pressante étant que j'allais devoir tuer cet homme, ce colporteur inoffensif qui avait essayé de mettre en garde ma famille. Je savais exactement comment il faudrait procéder : je l'entraînerais au fond de la ruelle, lui ferais perdre l'équilibre et tailladerais l'artère de la nuque avant de le laisser s'effondrer par terre où il resterait étendu comme un Ivrogne à saigner jusqu'à ce que mort s'ensuive. Même si quelqu'un me voyait, personne n'oserait intervenir. La foule s'écoulait sans faire attention à nous, J'avais le couteau à la main. Il se laissa tomber par terre, le front dans la poussière, en balbutiant des supplications pour que j'épargne sa vie. « Je ne peux pas le tuer », pensai-je. Puis je me dis : « i1 est inutile de le tuer. Il a admis que je n'étais pas Neko, et même s'il a encore des doutes il n'osera en faire part à personne. Après tout, il fait partie des Akata. ».Je m'éloignai à reculons et laissai le flot des passants m'entraîner jusqu'aux portes du sanctuaire. Après quoi je me frayai un chemin jusqu'à la berge i du fleuve. Le sentier qui le longeait était sombre et désert, mais j'entendais encore les cris excités de la foule, les litanies des prêtres et l'appel lugubre de la cloche du temple. L'eau du fleuve léchait en clapotant les coques des bateaux, les quais, les roseaux. Je me rappelai la première nuit que j'avais passée dans la maison de sire Shigeru. « Le fleuve est toujours à nos portes. Le monde nous attend toujours dehors. Et c'est dans le monde que nous devons vivre. » Quand je franchis le porche de la maison, les chiens me suivirent des yeux d'un air endormi et docile mais les gardes ne s'aperçurent pas de ma présence.
Il m'arrivait parfois, dans de pareilles occasions, de me glisser dans leur pavillon pour les surprendre, mais cette nuit-là je n'étais pas d'humeur à plaisanter. Je songeai avec amertume à leur inertie et à leur distraction, et combien il serait aisé à un autre assassin de la Tribu d'entrer comme l'avait fait le précédent. Puis je me sentis pris de dégoût à l'idée du monde de dissimulation, de duplicité et d'intrigue où j'étais devenu si habile. J'éprouvai une envie désespérée d'être de nouveau Neko pour dévaler la pente de la montagne et rentrer chez moi, retrouver ma mère. Mes yeux me brûlaient. Le jardin était plein des parfums et des rumeurs du printemps. Éclairés par la lune, les premiers arbres en fleurs brillaient d'un éclat limpide et fragile. Leur pureté me perça le cœur. Comment le monde pouvait-il être à la fois si beau et si cruel ? Sur la véranda, les flammes des lampes tremblaient et leur cire coulait dans la brise chaude. Kenji était assis dans la pénombre. Il m'appela : — Sire Shigeru a réprimandé Ichiro pour avoir perdu votre trace. Je lui ai dit qu'on pouvait apprivoiser un renard, mais non le transformer en chien domestiqué. En voyant mon visage à la lueur des lampes, il s'exclama : — Que s'est-il passé ? — Ma mère est morte. « Seuls les enfants pleurent. Les hommes et les femmes endurent ce qui advient. » L'enfant Neko pleurait au fond de mon cœur, mais Sora gardait les yeux secs. Kenji m'attira à lui et chuchota : — Qui te l'a dit? — Un homme que je connaissais à Kaze assistait à la fête du sanctuaire. — Il t'a reconnu ? — Il a cru me reconnaître. Je l'ai convaincu de son erreur. Mais au début, comme il me prenait encore pour Neko, il m'a appris la mort de ma mère. — Je suis désolé de cette nouvelle, dit Kenji pour la forme. Tu as tué cet homme, j'espère. Je ne répondis pas. C'était inutile : il avait compris avant même d'avoir achevé sa question. Dans son exaspération, il me donna une taloche comme Ichiro quand je manquais un trait dans un caractère. — Tu n'es qu'un imbécile, Sora ! — Il était sans armes, sans mauvaises intentions, c’était un ami de ma famille. — C'est exactement ce que je craignais. Tu laisses la pitié arrêter ta main. Ne sais-tu pas que tout homme que tu épargneras ne cessera jamais par la suite de te haïr ? Tout ce que tu as obtenu, c'est de le persuader que tu es bien Neko. — Pourquoi aurait-il dû mourir à cause de mon propre destin ? Quel avantage y avait-il à tirer de sa mort ? Aucun ! — Ce qui m'inquiète, ce sont les désastres que sa langue pourra provoquer tant qu'il sera vivant et pourra s'en servir, répliqua Kenji avant de rentrer pour mettre sire Shigeru au courant.
Après cet épisode, je tombai en disgrâce et il me fut défendu de vagabonder en ville. Kenji me tenait désormais à l'œil et il se révéla presque impossible de déjouer sa vigilance, ce qui ne m'empesait pas d'essayer. Comme toujours, il suffisait qu'on mette un obstacle sur ma route pour me donner une envie irrésistible d'en venir à bout. Mon indocilité mettait mon maître hors de lui, mais mes dons ne firent que se développer et j'appris à m'en servir avec une sûreté croissante. Après que Kenji lui eut raconté mon incapacité à réussir un assassinat, sire Shigeru me parla de la mort de ma mère : — Tu l'as pleurée durant la première nuit qui suivit notre rencontre. Désormais, tu ne dois plus rien laisser paraître de ton chagrin. Tu ne sais pas qui est en train de t'observer. C'est ainsi que mon chagrin resta inexprimé, au fond de mon cœur. Dans la nuit, je récitai les prières des Masataka pour l'âme de ma mère et pour celles de mes sœurs. Mais je ne dis pas les prières de pardon qu'elle m'avait enseignées. Je n'avais pas l'intention d'aimer mes ennemis. Je laissai mon chagrin nourrir mon désir de vengeance…
Je montais Raku, le cheval gris pâle à la crinière et à la queue noires. Sire Shigeru chevauchait devant moi, sur Kyu, son destrier noir, avec cinq ou six hommes d'escorte. En approchant du château, je fus pris de panique. Sa silhouette puissante, dominant la grille de toute sa masse, réduisit à néant mon courage. Comment pouvais-je prétendre être un seigneur, un guerrier ? Les seigneurs Akata n'auraient qu'à jeter un coup d'œil sur moi pour reconnaître ce que j'étais vraiment : le fils d'une paysanne et d'un assassin. Bien pis, je me sentais horriblement vulnérable, tandis que je chevauchais à travers les rues envahies par la foule. Il me semblait que tout le monde me regardait. Raku sentit ma panique et se raidit. Un mouvement soudain de la foule le fit broncher. Sans réfléchir, je ralentis ma respiration et détendis mon corps. Il se calma sur-le-champ, mais nous nous étions légèrement écartés et en lui faisant faire demi-tour mon regard tomba sur une jeune fille. Je ne fis qu'entr'apercevoir son visage, mais son visage me rappelait étrangement le mien ou plutôt celui de Neko. L’envie de me confronter cette jeune fille l’emporta sur la raison. L’utilisation d’un Bunshi était devenu un art dans lequel j’excellais, le soin du détail me permettait de berner les plus attentifs et les plus observateurs notamment Kenji. Quoi qu’il en soit mon clone me remplacé sur mon destrier gris pendant que j’encapuchonnais mon visage d’un mentaux bleu pâle. Mes yeux ressortait avec insistance de l’ombre dans laquelle je me réfugiais. J’avançais vers cette jeune fille qui à chaque pas me conforté dans l’idée qu’elle n’était pas comme les autres, elle me ressemblait. Comme moi elle semblait dans cette unique alternative : L’oubli ou la mort. Je me trouvais à présent face à la jeune fille et nos regards se croisèrent, dès cet instant, je compris qu’elle était maudite, que comme moi elle pensait son âme damnée. J’avais rêvé de son visage, oui , il m’était familier. Nous étions alors au fin fond du désert de Suna ou gisait une Cité sans nom, délabrée et défigurée, ses remparts peu élevées enfouis sous le sable accumulé pat les années. Telle était-elle sans doute. Il n’y a pas de légende assez ancienne pour révéler l’origine et la signification de ses rêves, voilà pourquoi je ne révélais aucun de ces rêves à Kenji qui lui, au contraire souhaitait que l’on discute de ce que je voyais durant mon sommeil. Je n’en avais ni le courage ni la force, d’autant que le visage de la jeune fille se répétait autant de fois que celui d’un homme immonde possédant un sourire carnassier. Quoi qu’il en soit dans mon rêve la jeune fille avait composée ces vers énigmatiques :
N’est mort ce qui à jamais dort Et au long des siècles peut mourir même la mort.
Un sentiment inquiétude m’envahit et j’avais une envie folle de lui répéter ces vers, mais la fillette m’aurait alors pris pour un fou. Je me contenta alors de lui adresser la parole en réponse à son regard nonchalant, le visage toujours caché dans l’ombre.
- Je connais ce regard … tous comme le sentiment qui le suit et il n’est pas bon de l’héberger trop longtemps dans son cœur. Tel un poison il agira et il infectera à jamais ce dernier, troublant ta réalité, il te manipulera jsqu’à que mort sans suive … Après ces horribles paroles, je me sentis obligeait d’adoucir mon entrée en scène. J’hôta mon capuchon pour laisser apparaitre a la lumière mon visage qui affichait un léger sourire.
- Je me nomme Sora … Je peux m’assoir ? Sans attendre de véritable réponse, je m’assit à coté d’elle. Puis après quelques minutes de silence, je sortis quelques fruit de mon baluchon et lui tendis.
-Partageons si tu le veux bien, il y en à beaucoup trop pour moi tous seul. Il était facile pour moi d’entendre l’estomac de la jeune fille gronder face à la faim. Le jeune Masataka se sentait à son aise avec cette jeune fille qui s’empara maladroitement des fruit que lui tendait Sora.
- Tu n’es pas très bavarde … et je te comprends tout à fait. Je me fais le plus souvent passé pour un muet devant les gens mais bizarrement je n’ai pas envie de me taire en ta présence. Quel es ton nom?
Ainsi s’acheva le petit monologue du jeune Sora qui venait de rencontrer celle qui allait devenir l’incarnation de son ombre.
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Sujet: Re: La parfaite lumière où l'incarnation de l'ombre. Lun 15 Mar - 23:49
Musique ambiance
« Jigoku Shoujo !... Aï tu dois être donnée en sacrifice pour sauver le village sinon on va tous mourir ! … Les Dieux n'ont donc aucune pitié... La sentence : dix coups de fouets pour avoir tenté d'utiliser des dons obscures provoquant ainsi la colère des Dieux... Je m'appelle Enma Aï... Sentaro ! Tu m'avais promis, Sentaro !... Allez-vous autres, enterrons là pour expier nos pêchés ! … » Les voix lointaines et sans visages avaient fait place à des hurlements de terreurs, des pas précipités et le crépitement des flammes. Parmi les cris, revenaient souvent deux mots familiers : Jigoku Shoujo. Les hurlements semblaient tous être provoqués par ce mot terrifiant. Le tout était un mélange incohérent d'images et de sons incompréhensibles. Puis tout se mélangea comme si ce mélimélo était remué dans une marmite. Là, le calme. Un calme imposant et froid qui précéda la voix claire et mélodieuse de la petite fille :
N'est mort ce qui à jamais dort Et au long des siècles peut mourir même la mort
Une ombre se dressa de toute sa hauteur. Imposante, mais pas menaçante. Sa présence était réconfortante... Le hennissement du cheval brisa en mille morceaux toutes les images de ce rêve insensé. En morceaux si petit qu'aucun souvenir n'était mémorable. La rue était bruyante comme tous les matins, car les habitants du village se hâtaient en direction de leurs travaux et occupations. Cette petite ruche humaine bourdonnante d'activité était un lieu de passage pour bon nombre de vagabonds. La petite fille allongée par terre sur le trottoir ouvrit un œil encore teinté de fatigue. La nuit avait été longue et difficile pour elle. Les poubelles n'avaient rien donné comme repas et elle s'était battue contre un chien errant tout autant affamée qu'elle dans un combat sans merci pour un bol de poissons cru et fade. Aï était dans un état pitoyable. Son corps et ses haillons témoignaient de son combat laborieux contre la bête. Vêtu avec ce qui devait ressembler certainement à un Kimono, son visage effraie la plupart des passants. Une très longue chevelure mal coiffée, des yeux flamboyants comme les flammes de l'enfer, des égratignure de part et d'autre du visage et, surtout, une larme de sang séché sur son œil gauche.
La petite fille ignorait la parfaite négligence de son apparence et elle s'en moquait. Ce qui comptait c'était de survivre et aussi de comprendre ce monde. Elle voulut se relever, mais une douleur vive dans sa jambe droite l'a fit rassoir instantanément. Elle était blessée de toute part depuis son combat pour le bol de poissons cru, le chien affamé l'avait mordu à la jambe. À défaut de se tenir debout, elle resta assise, adossé contre le mûr d'un bâtiment en bois. Certes, la neige succombait sous les doux rayons du soleil, mais le froid était encore mordant et le tas de chiffon qui lui servait de couverture tenait guère chaud. Aujourd'hui, la Fille de l'Enfer resterait dans la même position qu'hier à poser son regard chaotique sur un point sans importance en face d'elle à se perdre dans les méandres de ses pensées et à chanter. Une chanson qu'elle chantait tout les jours. Elle connaissait par cœur cette chanson sans pour autant savoir pour quelle raison. Elle chanta à demi voix sans attirer l'attention sur elle.
« Sakura no hana wa Itsu hiraku Yama no osato ni Itsu hiraku
Sakura no hana wa Itsu niou Warau nana no ko Asobu koro
Sakura no hana wa Itsu odoru Utau nana no ko Nemuru koro
Sakura no hana wa Itsu kuchiru Shinda nana no ko Noboru koro »
Puis elle resta silencieuse un long moment. Que faisait t-elle ici ? Cela, elle l'avait oublié comme la raison de son existence. Pourquoi vivre ? L'essence même de la vie, c'est la raison. C'est la raison qui pousse tous ces humains à s'activer de la sorte pour construire des maisons, forger des armes où défendre le village. En absence de but, le doute s'installe et au-delà un sentiment atroce de parfaite inutilité. Cela, Aï le comprenait, même à son si jeune âge et ce sentiment l'avait empoigné de force. Depuis quelques jours, elle voulait tuer quelqu'un. N'importe qui, un passant parmi la foule. Son plus vieux souvenir remonte a à peu près une semaine et demie. Dans ce souvenir, elle massacre un village entier de paysans abjectes. Ils criaient son nom où plutôt son titre qui lui avaient donné : la Fille de l'Enfer.
Contrairement à aujourd'hui, les gens l'a regardaient, les gens ressentaient un sentiment très fort pour elle : la peur... Aï se perdit dans ses pensées chaotiques et son raisonnement. Elle voulut pleurer, mais elle en était incapable. Elle voulut exprimer sur son visage tout ce tumulte sentimentale enfouit et gravé dans son âme, mais son visage resta de marbre. C'est comme si les muscles de son visage était en plomb. Même tout à l'heure pour exprimer la douleur de sa jambe, son visage n'a pas contracté un seul muscle. Elle détacha ses yeux de ses petits pieds pour regarder face à elle. Un cheval grisâtre traversa la ruelle bondée de monde. L'animal hennit légèrement et commença un demi-tour. Les yeux rouges de la petite fille se levèrent vers le cavalier. Ce dernier lui lança un regard rapide remplit de curiosité. Encore un humain curieux du sort de Aï, mais trop effrayer pour soutenir son regard angoissant. Elle effrayait tout le monde et le pire c'est que cela réchauffait le cœur noir de Jigoku Shoujo d'une flamme froide et piquante, car au moins de cette façon les gens savent qu'elle existe.
Elle fut surprise néanmoins, de constater que le cavalier avait quitté sa monture et se dirigeai vers elle. La silhouette se tenait devant elle et Aï plongea son regard intense dans celui de l'individu. Le soleil était derrière lui et la lumière ,que lui projetait ce dernier dans son dos, l'avait transformé en ombre. Une simple silhouette encapuchonnée.
Une ombre imposante, mais pas menaçante. La présence de ce mystérieux inconnu était réconfortante. Elle ne se rappelait plus de son rêve de cette nuit, mais l'homme lui était familier, voir amical. Il dégageait une aura bienveillante emplit de sagesse qui réchauffait le cœur gelée de la petite fille telle une flammèche qui tente de faire fondre un iceberg. Elle voulut témoigner de son ressentit à l'inconnu avec un sourire, mais son visage resta de marbre.
Elle voulut également s'avançait pour décelait son visage, mais sa jambe droite lui faisait horriblement mal et son corps était si faible par le manque de nourriture qu'elle n'avait quasiment plus la force de bouger. Elle se contenta de le regarder et même de l'écouter :
- Je connais ce regard … tous comme le sentiment qui le suit et il n’est pas bon de l’héberger trop longtemps dans son cœur. Tel un poison il agira et il infectera à jamais ce dernier, troublant ta réalité, il te manipulera jusqu'à ce que mort sans suive …
Ces mots résonnèrent dans l'esprit perturbé de la Fille de l'Enfer. C'était bien le premier à avoir sondé le fond de l'âme déchu de Aï avec juste un regard. À travers ces mots, elle comprit que cet homme et elle-même avait beaucoup en commun. Il baissa sa capuche, laissant apparaître un visage jeune arborant un sourire qui illumina le cœur de la Jigoku Shoujo. Il se présenta et annonça à Aï qu'il s'appelait Sora. Il demanda poliment à s'asseoir à ses côtés. Aï sentit sa gorge se nouer. Jamais personne n'avait montré un tel respect envers sa personne. Elle ne lui répondit pas et se contenta de le regarder s'assoir sur le trottoir gelée. Il déballa de son sac quelques fruits bien mûrs. L'estomac de la petite fille hurla famine à la vue du repas de Sora. Ce dernier lui tendit sa part et immédiatement avec ses gestes tout tremblant, Aï dévora sans ménagement.
- Tu n’es pas très bavarde … et je te comprends tout à fait. Je me fais le plus souvent passé pour un muet devant les gens mais bizarrement je n’ai pas envie de me taire en ta présence. Quel es ton nom?
Aï marqua une pause après avoir avalée. Son nom ? Sur le moment, elle ne savait plus très bien. Jigoku Shoujo ? Peut être que oui. Le peu de gens qui ont remarqué son existence ces derniers temps l'appelaient tous comme ça. Elle baissa les yeux face à Sora, désolé de ne pas répondre tout de suite.
- Je m'appelle... Enma Aï.
La Jigoku Shoujo parlait d'une toute petite voix douce et mélodieuse. Elle avait peiner à s'exprimer pour dire ces quelques mots. Elle avait toujours les yeux baissés face à ce brave personnage. Elle ne craignait pas Sora, mais la bonté dont il faisait preuve à l'égard de Aï l'intimidait. Elle se sentait indigne de bénéficier d'un tel égard. Elle termina d'engloutir péniblement le dernier fruit et se sentit bien repût.
Tout à coup, l'image d'un vieil homme levant la main sur elle lui revint en mémoire comme une flèche en plein cœur. L'homme lui criait : « Repentit toi, pauvre petite chose ! » hurla t-il en assenant un coup de matraque sur le visage d'Enma Aï.
Aï se crispa et blottit ses petits bras en croix contre son corps frêle et fragile en signe de défense face à ce souvenir cuisant. Assaillit par des images qui ne lui évoquaient rien, des images qui survenaient de nulle part.
Elle voulait rester avec Sora, rester auprès de cette aura bienveillante, de sa présence...Elle releva les yeux vers Sora et plongea toute l'intensité de son regard écarlate dans ceux de son interlocuteur. Ce dernier ne détourna pas le regard de la petite fille. Il n'était pas angoissé par cette fillette étrange et perturbé, car il se doutait bien de ce qui l'avait rendu ainsi. Il avait le visage très fin, des yeux bleus ciels l'opposé de ceux de Aï et son visage lui faisait penser à un chat calme d'apparence...
- Neko ?
Une douleur aiguë détourna son attention de Sora. Sa jambe saignait abondamment, le sang de Aï ne semblait pas coagulait. La morsure d'un chien peut se révéler très dangereuse si elle n'est pas soigné. La bave de l'animal empêche la cicatrisation. La Jigoku Shoujo laissa échapper un petit gémissement de douleur sous l'intensité de la plaie. Elle plaqua sa main contre la source de la douleur, puis regarda sa main ruisselant de sang. La vue de Aï devint flou rendant Neko méconnaissable. La tête de Aï s'alourdit. Elle n'allait pas tarder à perdre connaissance...
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Sujet: Re: La parfaite lumière où l'incarnation de l'ombre. Mer 17 Mar - 17:01
La parfaite lumière où l'incarnation de l'ombre.
Chapitre II: Une rencontre peu ccommune
La jeune me fascinais d’une manière peu commune, je ne pouvais me séparer d’elle je le sentais au fond de moi, cet acte me serais à jamais impossible. Elle me ressemblait tellement s’en était troublant. Elle représentait à elle seul mon image sans l’intervention divine de Sira Akata. Cette fascination pour la jeune fille dénommé Aï Enma était encore plus forte que celle du parquet chantant, et, dieu sait quecete histoire de parquet obnubilée mes pensées à chaques instant de la journée. Ainsi lorsque j’avais demandé comment ce fameux parquet était il fait, le vieillard prit un morceau de parquet à moitié terminé et expliqua comment les lambourdes étaient agencées de manière à faire craquer les planches.
— À ce qu'on m'a dit, on en fait grand usage dans la capitale. La plupart des gens veulent un parquet silencieux. Si les planches font du bruit, ils demandent qu'on corrige ce défaut. Mais les grands seigneurs comm Iida ne ferme pas l'œil de la nuit. Il a peur que quelqu'un n'entre chez lui sans qu'il l'entende. Désormais, il restera éveillé de peur d'entendre son parquet chanter ! conclut Shiro en ricanant. — Serais-tu capable de fabriquer un tel parquet ? demanda sire Shigeru. Le charpentier sourit dans ma direction. — Je suis capable de fabriquer un parquet si silencieux que même Sora ne pourrait l'entendre. Je pense que je peux aussi bien en faire un qui chante. — Sora t'aidera, annonça le seigneur. II faut qu'il connaisse tous les secrets de sa fabrication. Sur le moment, je n'osai pas demander pourquoi. Même si je me doutais de la réponse, je préférais rester dans le vague. La suite de la conversation fut consacrée au pavillon du thé. Shiro dirigea les travaux, et exécuta en même temps un petit parquet chantant qui fut installé sur la véranda. J'observai la pose de chaque planche, et mémorisai la moindre lambourde, la moindre cheville.
Shiro se plaignit que les craquements du parquet lui donnaient la migraine et évoquaient plutôt une souris qu'un oiseau. Mais la maisonnée finit par s'y habituer, et ces craquements devinrent une part de la mélodie familière de la maison. | Ce parquet amusait infiniment Kenji : il y voyait un moyen d'empêcher mes escapades. Sire Akata ne précisa pas davantage pourquoi il fallait que je sache comment le parquet était fabriqué, mais je suppose qu'il avait deviné quelle attirance il exercerait sur moi. Je passais mes journées à l'écouter. Je reconnaissais à son pas chaque personne qui marchait dessus. Je pouvais prédire quelle serait la prochaine note que le parquet chanterait. J'essayais de passer dessus Sans éveiller le rossignol. C'était difficile — Shiro avait fait du bon travail —, mais pas impossible. Ayant suivi les étapes de la fabrication du parquet, je savais qu'il n'avait rien de magique. Il fallait juste que je me donne le temps nécessaire pour m'en rendre maître. Je m'entraînais à le franchir avec cette patience presque fanatique qui était en moi, je le savais maintenant, un trait distinctif du clan.
La saison des pluies commença. Une nuit, l'air était si chaud et humide que je ne parvenais pas à dormir. J'allai boire au bassin puis m'immobilisai au seuil de la véranda, les yeux fixés sur le parquet qui s'étendait devant moi. Je savais que j'allais le traverser sans réveiller personne. J'avançai rapidement tant mes pieds connaissaient chaque endroit où se poser et quelle pression exercer. Le rossignol resta silencieux. Je ressentis le plaisir profond, bien éloigné de l'ivresse, que procure l'acquisition des talents du clan Akata. Jusqu'au moment où j'entendis une respiration et me retournai pour découvrir que sire Akata était en train de me regarder.
— Vous m'avez entendu, dis-je avec désappointement. — Non j'étais déjà éveillé. Peux-tu le refaire ? Je restai un instant accroupi, en me retirant en moi-même comme le font les membres de la Tribu, de manière à évacuer tout ce qui n'était pas ma perception des bruits de la nuit. Puis je m'élançai de nouveau sur la voie du rossignol. L'oiseau continu; 1 de dormir. Je pensai à Iida incapable de trouver le sommeil dans son lit à Kaze, l'oreille tendue vers le parquet chantant. Je m'imaginai en train d'approcher de lui furtivement, absolument silencieux, absolument indécelable. Si jamais la même image occupait la pensée de sire Akata, il n'y fit aucune allusion. Il se contenta d'observer : — Je suis déçu par Shiro. Je pensais que son parquet serait plus malin que toi. Aucun de nous ne dit : « Mais qu'en sera-*t-il de celui d'Iida ? * Cependant la question resta en suspens entre nous, dans l'atmosphère pesante de cette nuit du sixième mois.
Quoiqu’il en soit je n’avais que trop longtemps gardé le silence sans prêter attention à la jeune fille, perdu dans mes souvenirs si récent. D’autant que la jeune Enma ne semblait pas au sommet de sa forme, pire, elle était en train de tombé dans une semi-inconscience dans laquelle elle marmonna quelque mots que je ne parvins pas à entendre, le seul qui retentit dans mes oreilles fut mon prénom de jadis … « Neko ». Comment me connaissait-elle? Cette jeune fille devenait à présent une menace potentielle, même si mon cœur me dicté le contraire. Je saisis ma veste pour lui poser sur les épaules tout en remarquant sa blessure. Il fallait à tous prix que je l’emmène avec moi quoi qu’elle sache à mon sujet. J’entrepris de la prendre dans mes bras et de partir à la recherche de ma monture mes lorsque ma main rentra en contact avec son front une violente vision apparue. Cette vision relatait un génocide, l’extermination d’une petite communauté comme celle qui m’accueillait auparavant. Des villageois vivant dans la crainte du pouvoir ninja et une jeune fille ne cherchant qu’une seul chose, sa survie. Enma était au centre de cette vision, elle avait exterminé son village pour survivre, l’acte était impardonnable et d’une cruauté sans nom, mais le sentiment de vengeance m’attira avec insistance. La vision s’estompa et j’arpentais les ruelles à la rechercher de mon destrier la jeune fille dans les bras.
- Mais qui es-tu au juste … Peu importe je t’emmène avec moi …
Nous montâmes tous deux sur mon destrier gris en direction de la demeure de Sire Akata. Je souhaitais en savoir plus, beaucoup plus sur cette Enme Aï.
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Sujet: Re: La parfaite lumière où l'incarnation de l'ombre. Jeu 18 Mar - 15:09
Tu m'entendsAï ?
Ces mots étaient loin comme la conscience de Aï qui quittait peu à peu son corps frêle et fragile usé par la précarité et la violence des rues. La dernière image du monde réel qu'elle perçut était le dos du cheval gris sur lequel elle avait aperçu Sora pour la première fois. Puis plus rien. Le néant. La douleur était trop aiguë et le sang qu'elle perdait l'avait plongé dans un univers parallèle. Son front était brûlant, la plaie était ouverte à toute infection. Il fallait agir vite pour soigner sa blessure. Aï était ailleurs, ailleurs que sur ce cheval qui galopait à vive allure, ailleurs que dans les bras de Sora...
« Enma Aï pleurait. Assise sur les talons dans un autel minuscule ornementé de statuettes étranges représentant des Divinités anciennes. Elle pleurait à chaude larmes. Des vrais larmes de petite fille. Elle avait grandi dans le village des Gen'shi, mais cela n'a jamais été son village. Elle n'a jamais considéré les paysans fanatiques qui le peuplaient comme son peuple, sa famille. Oh que non. Même ses parents adoptifs étaient des parfaits étrangers pour elle. Ces derniers étaient aimants à l'égard de leur fille adoptive, mais ils souffraient du même problème que tous les habitants du village : Ils étaient bien trop soumis à la volonté des Dieux.
C'était pour cette raison que Aï se trouvait dans cette chambre sacré et qu'elle pleurait. La famine avait touché le village. Les cultures n'avaient rien donné cette année, car une maladie virulente avait frappé tous les champs réduisant presque à zéro toutes les récoltes du village. Les Gen'shi avaient abord le problème littéralement aveuglé par leur culte : c'était une intervention divine avéré. Les Dieux étaient en colère contre ce peuple visiblement qui pourtant priaient chaque fin de journée devant leur montagne sacré. Le Nanatsu Okuri, leur rite le plus ancien devait être pratiquait encore aujourd'hui pour sauver leur peuple d'une morte lente et douloureuse. Le sept était le chiffre de la fertilité et de la chance dans tout le Japon. C'est pourquoi enterré une enfant de sept ans, au pied de leur précieuse montagne, les sauveraient assurément du courroux des Dieux.
Aï attendait là, complètement incomprise par la réaction des paysans. Ils étaient si faibles d'esprit, si insignifiant. Ils ne connaissaient rien. Aï était considéré comme une réincarnation de démon. À plusieurs reprises, elle s'est faite surprendre en pleine séance de canalisation de chakra. Pour ces païens le chakra est l'essence même du mal absolu. Allez savoir pourquoi... »
Le cheval se cabra soudainement collant un peu plus le dos de Aï sur le torse de Sora. Elle n'entendait plus rien, malgré le brouhaha de la foule. Avec toutes les peines du monde, Aï ouvrit un œil pour apercevoir Sora qui lui faisait tans penser à son petit Neko...
« Neko ! S'émerveilla la petite fille en voyant son petit chat aux yeux bleues s'avançait vers elle pour un peu d'affection..
Chut ! On va nous entendre, Aï. Vient avec moi.
Sentarou était le cousin de Aï, mais aussi son unique ami. Il était le seul à pleurer le triste sort de Aï. Il s'était dressé contre tout le village, il avait trahi tout le village pour sauver Aï. Un geste qui allait droit au cœur de Aï. Elle allait vivre avec Sentarou, mais pour combien de temps ? Les deux imprudents se dirigèrent vers la source chaude de la montagne où Aï aime bien se baigner.
Traître !! Hurla en cœur la foule de paysans en colère à l'égard des deux enfants.
Ils se jetèrent sur Aï, sans ménagement, écumant de rage et ivre de haine à l'égard de l'insolente. Ils portèrent la jeune fille jusqu'à la montagne où devait avoir lieu le lendemain le sacrifice rituel. Ils purifièrent Aï de son acte de trahison, lui bandèrent les yeux puis la balancèrent au fond d'une tombe préalablement creusé à cet effet. Les prêtres entamèrent leurs séries de prières à la montagne sacré. Soudain, comme sous l'effet d'une révélation, l'un d'eux s'empara d'une pelle et l'a tendit à Sentarou.
Les Dieux veulent que ce soit toi qui verse la première pelle de terre pour expier tes pêchés !
Sentarou tremblait comme une feuille lorsqu'il saisit la pelle. Il ne pouvait pas faire cela. C'était de la folie, mais la foule fit pression sur son jugement.
Fais-le Sentarou ! Rachète le nom de notre famille ! Ordonna son père.
On va tous mourir si tu ne te décides pas, rajouta un autre.
Je n'ai pas de lait pour nourrir mon enfant. Il risque la mort si tu ne fais rien ! Implora une jeune mère tenant son bébé contre elle.
Aï nous à trahit ! C'est un démon et tu l'aider dans ses plans ! Repentit toi !
C'était trop. Sentarou fermant les yeux, écœuré de son propre geste, versa la première pelle de terre sur Aï au fond de la tombe sacrificielle. Parmi les cris, le brouhaha de la foule, une petite voix lointaine prit la parole. Une voix qui en disait long sur son seuil de chagrin et sa déception.
Sentarou... Tu m'avais promis que tu me protégerais... Je te croyais !
Le petit garçon tomba à genou par terre et plongea sa tête entre ses mains prit d'une véritable crise d'angoisse. Les autres hurlèrent :
Allez vous autres ! Enterrons là pour expier nos pêchés !
C'est ainsi que chaque villageois participa à jeter une pognée de terre symbolique sur Aï. Quant à la petite fille au fond de la tombe, son bandeau tomba sous ses yeux, laissant apparaître de grands yeux rouge pleurant des larmes de sang.
Je vous maudits tous ! Je vous maudits mille fois ! Dit elle d'une voix pleine de haine.
Sentarou prit peur en voyant Aï pleurer de la sorte et il s'enfuit dans les bois avant la fin du rituel... »
Aï était allongé sur un lit chaud et confortable. Elle sentit une serviette humide sur son front et sa jambe lui faisait moins mal. Elle voulait ouvrir un œil pour découvrir où elle se trouvait à présent, mais ses paupières étaient bien trop lourdes. Elle replongea dans les méandres d'un sommeil agité...
« Enma Aï n'était plus dans sa tombe. Elle était dehors, debout en train de fixer le village endormit en cette nuit calme et paisible. Elle ignorait elle-même pourquoi elle était sortie de sous terre, elle ignorait même ce qu'elle faisait ici. Pourquoi était elle plein de terre ? Pourquoi des gouttes de sang coulaient le long de sa joue ?
Elle n'éprouvait plus rien juste un but l'animait. Celui de purifier cette terre de cette verrue. Ces esprits faibles méritaient la mort. C'est ainsi qu'elle se dirigea vers les habitations faiblement éclairées par le clair de lune. Avançant au milieu des maisons d'une démarche inquiétante, la petite Fille de l'Enfer chanta.
« Sakura no hana wa Itsu hiraku... »
Les maisons s'embrasèrent sur son passage et bientôt des cris d'épouvantes venaient orchestrer le chant de la Jigoku Shoujo.
« Yama no osato ni Tsu hiraku... »
Les horreurs que faisaient défiler Aï grâce à son Genjutsu rendaient les paysans complètement fous. Certains se crevèrent les yeux, d'autre se jetaient par la falaise. Le chaos était total. Quelques rares chanceux, suffisamment loin, ne furent pas touché par l'illusion de Aï et purent s'échapper donnant ainsi sa réputation de Jigoku Shoujo.
À la fin du génocide, Aï erra d'un village à un autre à la recherche d'un but à sa vie. En l'absence de sa mémoire, Aï cherche un avenir, un idéal à défendre. Le choc de son enterrement lui a effacé la mémoire. C'est peut-être mieux ainsi. Même avec cet événement tragique oubliée, Aï en reste pas moins perturbé, dérangé. Devenu inhumaine, elle est incapable d'éprouver quoi que ce soit. »
Aï reprenait peu à peu ses esprits. La fièvre était descendue, la douleur s'était estompée et elle pu ouvrir les yeux découvrant ainsi un Sora penché à son chevet.
Sora avait-il entendu Aï marmonnait dans son sommeil ?
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Sujet: Re: La parfaite lumière où l'incarnation de l'ombre. Ven 2 Avr - 23:42
La parfaite lumière où l'incarnation de l'ombre.
Chapitre III: Conclusion
Le corps de Aï se faisait de plus en plus léger, la jeune fille semblait avoir définitivement succombé à l’inconscience tendis que sa chaleur corporelle augmentait à une vitesse inquiétante. Je soutenais la jeune fille d’un bras et dirigeais ma monture de l’autre. De ma place sous les saules, je sentais l’odeur d’eau stagnante des douves, à laquelle se mêlait une autre puanteur : des relents de corruption humaine, exhalés par des corps vivants en train de pourrir lentement . Ces odeurs n’étaient bien sur pas réelles mais émanaient du subconscient de la jeune demoiselle qui sombrant dans une inconscience partielle diffusait à son contact de multiple genjutsu mineur dont j’étais la cible. Je me frayé un passage dans la foule, observant distraitement d’un air inquiet le paysage qui m’entourais. Au bord de l’eau, des graminées étaient en fleurs et quelques iris tardifs s’épanouissaient. Des grenouilles coassaient, des grillons stridulaient. L’air brûlant de la nuit caressait mon visage. Deux cygnes, d’une blancheur inconcevable, glissaient sur le sillage doré du soleil. Une fois rentré au cœur du village, je me précipitais en direction du temple de la famille Akata. La jeune fille fut recueillie par les servant qui s’occupèrent immédiatement d’elle sous mes ordres un peu pressant. Quelques heures plus tard, de nombreux soins lui avait été prodiguait et elle fut installé dans la salle de méditation, néanmoins elle restait inexorablement plongée dans l’inconscience la plus totale.
La pièce elle-même donnait un sentiment d’élégance discrète; elle rappelait sans emphase que le possesseur de cette demeure sans prétention était le deuxième fils de Sanada Akata illustre seigneur du château de la famille Akata et bénéficiaire d'un titre prestigieux au sein du village de la feuille. Les montants et les poutres étaient fins, le plafond bas. Au fond de la petite alcôve rustique, le mur ci ail de simple argile rouge. L'arrangement floral, dans l'alcôve, consistait en un seul rameau de fleurs de poirier dans un mince vase de céramique jaune et vert pâle. Je songeais à la «solitaire fleur de poirier baignée par la pluie printanière » de Mifune. Je restais là accroupis devant le corps inerte de la jeune fille que je venais tous juste de rencontrer. D’innombrables questions envahissaient mon esprit. Tout d’abord, je venais tous juste de rencontrer cette jeune fille et quelque chose d’inexplicable me lié à elle. Je sentais que cette jeune femme dénommé Aî me ressemblait tellement. Mais son vécu et son histoire restait un gros problème, un soucis majeur même dont je ne savais pas vraiment quoi en penser. Le geste était horrible, elle avait littéralement anéantie un village tout entier. C’était, il est vrai dans un esprit d’instinct de survie, car ces même villageois, souhaitait simplement la sacrifié au nom d’une récolte peu fructueuse et la présence chez la jeune fille d’un certain talent pour l’art Ninjutsu. Cela pouvait il justifiait un tel acte ? Je ne savais plus quoi penser. Sire Akata me laissera-t-il le droit d’occulter cette partie du passé de la jeune fille? J’en doutais sérieusement. Je ne pouvais pas abandonner ce sentiment si mystérieux que j’éprouvais en observant cette jeune fille. Je ne souhaitais pas m’écarter d’elle du moins je ne le pouvais pas, je ne m’en sentais pas capable. L était donc préférable de cacher mes visions et de ne rien révélé à qui que ce soit. Mon choix était donc fait, certes, il était risqué et dangereux n néanmoins je ne pouvais faire autrement.
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Sujet: Re: La parfaite lumière où l'incarnation de l'ombre. Lun 12 Avr - 4:12
Note et validation du rp
Points gagnés: 7pts de rp pour Sora 4pts pour Enma Ryôs reçus: /// Commentaires: En vrai Enma violera Sora dans pas longtemps, je le sais. C'est une cochonne.
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